Incendies, sécheresses et fortes chaleurs : les chasseurs varois pointés du doigt après les catastrophes
Cet été, le Var a subi des incendies dévastateurs, une sécheresse extrême et des canicules à répétition. Face à ces catastrophes naturelles, les associations de protection de la faune sauvage montent au créneau. Elles demandent la suspension de la chasse dans les zones touchées. Les chasseurs varois, eux, se défendent et rappellent leur rôle sur le terrain.
Incendies et sécheresse : la chasse dans le viseur des associations
La pétition « Pas de fusils sur les cendres » a recueilli plus de 450 000 signatures sur change.org. Ce texte réclame un moratoire sur la chasse après les incendies. les associations estiment que la faune a déjà assez souffert.
La Ligue de protection des oiseaux (LPO) a saisi l’urgence. La chasse au gibier d’eau doit ouvrir le vendredi 21 août. Dans un communiqué daté du mardi 18 août, la LPO demande son report à l’ouverture générale du 13 septembre. Les zones humides sont asséchées et les oiseaux se concentrent sur les derniers sites favorables.
La LPO veut protéger les oiseaux d’eau et les migrateurs
Anaël Marchas, responsable de la médiation juridique pour la LPO Paca, explique que ces sites favorables sont souvent des zones chassées. Les niveaux d’eau y sont maîtrisés, ce qui attire canards, hérons, aigrettes et flamants roses. Ils se retrouvent alors mélangés aux espèces chassables.
« Les individus doivent bénéficier de conditions de quiétude suffisantes face aux épisodes de chaleur », insiste le communiqué. La chasse représente une pression supplémentaire, alors que le climat est déjà difficile. L’association veut éviter que les oiseaux paient un double tribut.
L’Aspas réclame une suspension face aux catastrophes naturelles
L’Association pour la protection des animaux sauvages (Aspas) a adressé un courrier recommandé à 44 préfets lundi 17 août. Elle demande la suspension de la chasse tant que la situation climatique reste critique. Simon Babre, préfet du Var, fait partie des destinataires.
L’Aspas s’appuie sur l’article R424-3 du Code de l’environnement. Ce texte autorise un préfet à suspendre la chasse pendant dix jours renouvelables en cas de calamité, d’incendie, d’inondation ou de gel prolongé. L’association veut y inclure la sécheresse et la canicule.
La préfecture du Var prépare un arrêté d’interdiction
La préfecture du Var indique qu’un arrêté est en cours de rédaction. Il devrait interdire la chasse dans les zones boisées brûlées, sauf pour les battues au sanglier. Les services de l’État restent discrets sur la canicule et la sécheresse.
Le Var a été placé en vigilance canicule orange du 31 juillet au 17 août. Actuellement, 102 des 153 communes varoises sont en alerte sécheresse, dont 12 en alerte renforcée. Ces chiffres montrent l’ampleur de la pression climatique.
- 🌡️ Canicule orange : 18 jours de vigilance dans le Var ;
- 🔥 6 300 hectares brûlés par l’incendie du Gros Bessillon ;
- 💧 102 communes en alerte sécheresse ;
- 🦆 450 000 signatures pour la pétition « Pas de fusils sur les cendres ».
La réponse des chasseurs varois aux critiques
Laurent Faudon, président de la Fédération départementale des chasseurs du Var, réagit avec virulence. « C’est nous qui sommes sur le terrain et on a droit aux leçons ! » s’agace-t-il. Il rappelle que les chasseurs s’occupent de la biodiversité depuis des années.
Il cite l’exemple de l’incendie de Gonfaron en août 2021. Près de 7 000 hectares de garrigue avaient brûlé. Les chasseurs avaient laissé la nature reprendre ses droits, sans pression. Laurent Faudon affirme avoir été contacté par le préfet pour établir l’arrêté d’interdiction.
Des dérogations nécessaires pour le grand gibier
Le président de la fédération défend une dérogation pour le grand gibier. Les animaux, privés de zones de subsistance après le feu, causent des dommages aux cultures. Les exploitations agricoles, déjà éprouvées, doivent être protégées.
« Des dommages qui doivent être remboursés par les chasseurs ! » martèle-t-il. Il souligne la collaboration entre le monde agricole et le monde de la chasse pendant la lutte contre les flammes. Pour lui, cette entraide montre leur engagement.
Face à la sécheresse, Laurent Faudon met en avant les actions concrètes. La fédération a installé près de 4 000 points d’eau à travers le territoire. Ces dispositifs permettent à la faune de survivre aux fortes chaleurs.
« Pour ces associations, tout ça, c’est encore une excuse pour taper sur les chasseurs… » conclut-il. Une position ferme qui illustre les tensions entre protection de la nature et traditions cynégétiques.