Sécheresse et incendies : les associations réclament un report de l’ouverture de la chasse pour préserver la nature

Sécheresse et incendies : les associations réclament un report de l’ouverture de la chasse pour préserver la nature

La sécheresse de l’été 2026 a frappé durement les forêts et les zones humides de l’Hexagone. Face aux incendies à répétition et au manque d’eau, plusieurs associations de protection de la faune demandent un report de l’ouverture de la chasse. L’objectif : laisser la nature respirer et préserver la biodiversité. Mais les chasseurs assurent faire preuve de responsabilité.

Sécheresse et incendies : une faune mise à rude épreuve

Cet été, plus de 70 départements ont été classés en crise sur VigiEau. Les cours d’eau atteignent des niveaux historiquement bas, et près de 40% d’entre eux sont à sec ou en rupture d’écoulement. Les incendies ont ravagé des dizaines de milliers d’hectares, poussant les animaux à fuir vers des zones encore épargnées.

Les oiseaux aquatiques, en particulier, se concentrent autour des points d’eau restants. Cette concentration naturelle les rend vulnérables, surtout si la chasse s’ouvre dans ces secteurs. C’est tout le paradoxe : les zones les plus résilientes deviennent des pièges potentiels pour la faune.

La sécheresse en chiffres, la chasse en question
  • 70+
    départements en crise sur VigiEau
    record de sécheresse
  • 40%
    des cours d'eau à sec
    ou en rupture d'écoulement
  • 450 000
    signatures pour la pétition
    « Pas de fusil sur les cendres »
  • 44
    préfets interpellés par l'ASPAS
    pour suspendre la chasse

Les associations montent au créneau

La Ligue de protection des oiseaux (LPO) réclame un report de l’ouverture de la chasse aux gibiers d’eau au 21 septembre minimum. L’ASPAS, elle, va plus loin en demandant une année blanche complète. Une pétition citoyenne intitulée « Pas de fusil sur les cendres » a déjà recueilli plus de 450 000 signatures.

Le 17 août, l’ASPAS a écrit à 44 préfets pour demander la suspension de toutes les chasses estivales et le report de l’ouverture générale en septembre. Selon Richard Holding, porte-parole de l’association, il faudrait idéalement attendre le printemps prochain pour évaluer l’impact réel de la sécheresse sur les naissances des chevreuils, chamois et autres cerfs.

Le président de la LPO, Allain Bougrain-Dubourg, souligne que les zones humides ont été particulièrement touchées. Les canards et autres oiseaux aquatiques n’ont jamais menacé les intérêts économiques du pays. Pour lui, les arguments de régulation ne tiennent pas face à l’urgence écologique.

Quelles décisions concrètes dans les territoires ?

Dans le Var, un arrêté visant à interdire la chasse dans les secteurs boisés incendiés a été soumis à consultation publique le 19 août. Dans les Landes, les maires des communes concernées ont pris des arrêtés pour limiter l’accès aux zones brûlées. En Gironde, la préfecture a également restreint l’accès aux massifs forestiers.

Willy Schraen, président de la Fédération nationale de la chasse, se veut rassurant : « Il n’y a pas de chasse dans les zones cramées, et rien à chasser ». Il assure que les quotas ne seront pas augmentés malgré l’afflux d’animaux réfugiés dans les massifs voisins.

Le rôle des préfets et du code de l’environnement

Le ministère de la Transition écologique a envoyé un courrier aux préfets pour les inviter à utiliser l’article R.424-3 du code de l’environnement. Ce texte permet de suspendre la chasse en cas de calamité, pour une période de dix jours renouvelable. Libre à chaque territoire d’apprécier la situation locale.

Reste une question de fond : les données sur les espèces chassables proviennent principalement des chasseurs eux-mêmes. L’ASPAS dénonce ce conflit d’intérêts, car les fédérations locales calculent les quotas de prélèvements à partir de leurs propres comptages.

Espèces nuisibles : où s’arrête la régulation ?

Les chasseurs justifient souvent leur activité par la nécessité de réguler les espèces invasives comme les sangliers ou les renards. Allain Bougrain-Dubourg entend ces arguments pour quelques espèces problématiques. Mais il juge « grotesque » de parler de régulation pour le gibier d’eau.

La question divise aussi au sein des associations. Certaines préfèrent la discussion avec les chasseurs, d’autres prônent une suspension totale. Au-delà des postures, l’urgence est de faire un état des lieux précis de la faune après cet été cataclysmique.

Les mesures demandées par les associations en 2026

  • 🗓️ Report de l’ouverture générale de la chasse au moins au 21 septembre
  • 🚫 Suspension de la chasse dans toutes les zones touchées par les incendies
  • 💧 Protection renforcée des zones humides et des points d’eau restants
  • 📊 Réalisation d’un état des lieux indépendant de la faune sauvage
  • 🔍 Révision des quotas de prélèvement sur la base de données vérifiées

Cet été 2026 restera comme un tournant dans la prise de conscience écologique. La sécheresse et les incendies ont agi comme un révélateur : la préservation de la faune ne peut plus passer après les traditions. Le rapport de force entre chasseurs et associations de protection de l’environnement s’est inversé.

Faut-il reporter la chasse après les incendies ?

Est-ce que la chasse est vraiment ouverte pendant les incendies ?

Non, pas dans les zones brûlées. Mais les associations craignent les secteurs voisins où les animaux se réfugient.

Pourquoi attendre le printemps prochain ?

Pour voir l'impact de la sécheresse sur les naissances. Si les chevreuils n'ont pas pu se reproduire, une chasse normale serait un deuxième coup dur.

Ça sert à quoi de signer la pétition « Pas de fusil sur les cendres » ?

Elle met la pression sur les préfets. Avec 450 000 signatures, ils doivent au moins répondre et justifier leurs décisions.

Qui décide en dernier ?

Le préfet. Il peut suspendre la chasse pour dix jours renouvelables en cas de calamité. Chaque département choisit selon sa situation.

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3 commentaires

  1. Bonjour Théo, chaque libellule qui meurt est une touche de couleur perdue. Laissons la nature se refaire.

  2. La sécheresse transforme les refuges en pièges. Reportons la chasse pour préserver la biodiversité.

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